Le mocassin, cette pièce vintage qui revient dans les dressings

Le vintage ne se limite pas aux enfilades en teck et aux lampes d’atelier. Beaucoup de ceux qui chinent pour leur intérieur finissent par appliquer la même logique à leur garde-robe : des pièces qui ont fait leurs preuves, qui vieillissent bien et qui ne se démodent pas. Côté chaussures, une pièce coche toutes ces cases depuis bientôt un siècle : le mocassin.

On en trouve encore en brocante, mais les modèles neufs inspirés des grands classiques sont aujourd’hui faciles à dénicher, chez des boutiques spécialisées comme Mocassin Avenue, qui en propose des dizaines de versions, du penny loafer au mocassin à glands.

Une chaussure qui a déjà traversé un siècle

Le mocassin moderne doit beaucoup aux États-Unis. En 1936, le fabricant G.H. Bass lance le Weejun, un modèle sans lacets inspiré des chaussons portés par les pêcheurs norvégiens, d’où son nom. Dans les années 1950, les étudiants américains prennent l’habitude de glisser une pièce d’un cent dans la fente de la bride : le « penny loafer » est né. En 1953, Gucci ajoute un mors métallique sur l’empeigne, un détail qui fera de ce modèle un classique du chic italien.

Paire de penny loafers en daim posée sur un parquet ancien, à côté d’un tapis vintage
Le penny loafer, un classique des années 1950 (photo : David Lezcano, Unsplash)

Résultat : peu de chaussures ont autant de références historiques. C’est ce qui en fait une pièce si facile à associer à un intérieur ou à une tenue d’inspiration rétro.

Le chiner ou l’acheter neuf ?

Chiner une paire a son charme, surtout si l’on tombe sur un cuir déjà patiné. Quelques points à vérifier avant de craquer :

  • l’état de la semelle et du talon, souvent usés côté extérieur ;
  • la souplesse du cuir, qui ne doit pas être craquelé au niveau du pli ;
  • la pointure, car un cuir déjà formé par un autre pied se fait rarement au vôtre.

Le neuf, lui, permet de choisir sa pointure, sa matière et sa couleur, et de former le cuir à son propre pied dès les premières semaines. Beaucoup de passionnés font les deux : une paire chinée pour le plaisir, une paire neuve pour tous les jours.

Comment le porter dans un esprit rétro

Le mocassin a l’avantage de s’adapter à presque tous les styles. Pour garder un esprit vintage :

  • avec un jean droit légèrement retroussé et des chaussettes blanches, façon campus des années 1950 ;
  • avec un pantalon à pinces en laine et une chemise en oxford, pour un look plus habillé ;
  • avec une jupe midi plissée et un pull fin, une association très années 1970.

Pour une silhouette féminine, les mocassins pour femme en daim ou en cuir verni apportent une touche rétro sans en faire trop, surtout dans les tons camel, bordeaux ou noir.

Bien l’entretenir pour qu’il vieillisse comme un meuble chiné

Comme un buffet ancien, un mocassin gagne à être entretenu plutôt que remplacé. Le cuir lisse se nourrit avec une crème adaptée puis se lustre au chiffon. Le daim se brosse à sec, toujours dans le même sens, et se protège avec un imperméabilisant avant l’hiver. Entre deux sorties, des embauchoirs en bois gardent la forme de la chaussure et absorbent l’humidité.

Bien traité, un mocassin en cuir prend une patine qui lui donne du caractère au fil des années. C’est exactement ce qu’on aime dans les objets vintage : ils racontent une histoire, et celle-ci commence le jour où on les adopte.